L’histoire sociale de l’Aquitaine est jalonnée d’expériences de dialogue social, parfois âpre, souvent innovant. Alors que la transformation industrielle peut s’accompagner de tensions – craintes de licenciements, restructurations, mobilités forcées – le dialogue social s’impose comme un rempart essentiel. Il structure la transition, renforce la confiance et évite des fractures sociales durables.
- Comités sociaux et économiques (CSE) actifs dans nombre d’industries structurantes, à l’instar d’Airbus à Mérignac ou Arkema à Lacq.
- Instances régionales de concertation : CREFOP (emploi, formation), comité régional de l’industrie, conférences sociales territorialisées.
- Expérimentations de « pactes sociaux locaux » forgés notamment par des syndicats et employeurs autour de la filière bois ou des plateformes logistiques (voir la charte de concertation du port de Bordeaux).
Les syndicats à l’avant-garde des mutations
En Aquitaine, les syndicats – CFDT, CGT, FO, CFE-CGC, mais aussi des syndicats autonomes locaux – portent l’exigence d’un nouveau contrat social qui articule transition industrielle, innovation, et progrès humain. Leurs revendications se structurent autour de quelques piliers :
- Préserver l’emploi et les qualifications dans chaque filière, face au risque de délocalisations ou de pertes sèches.
- Soutenir la formation, la mobilité volontaire et accompagnée, tout en luttant contre la précarisation.
- Garantir la santé au travail, notamment face aux risques nouveaux (exposition chimique, troubles musculo-squelettiques liés à la robotisation).
- Agir pour l’égalité professionnelle et salariale, en particulier dans des secteurs à forte inégalité homme/femme.
Par leur capacité de mobilisation, leur expertise du terrain et leur engagement à la négociation (nombreux accords de branche signés en Aquitaine sur le télétravail, la transition écologique ou la gestion des temps de travail), les syndicats participent activement à la résilience et à la modernisation des industries régionales.